Un Peter Pan prisonnier d’une enfance éternelle
Dans Neverland, le mythe de Peter Pan bascule du côté de l’ombre. Oubliée l’innocence lumineuse : l’enfant qui refuse de grandir devient une figure inquiétante, prisonnière d’une éternité figée, incapable de consentir au passage du temps.
La musique de Sarah Nemtsov donne chair à cet univers instable. Bruitages, voix chuchotées, matières orchestrales denses, éclats électroniques, silences suspendus : tout concourt à créer une dramaturgie sonore où l’électronique prolonge et métamorphose les instruments de l’Ensemble Contrechamps, dont les couleurs creusent un paysage à la fois tellurique et fragile.
La scène s’organise autour d’une maison mouvante, qui se fissure et se reconfigure, où Wendy s’y dédouble entre adolescence et vieillesse et le Capitaine Crochet devient matérialisation de la peur du temps. Neverland mêle jeu d’acteur, théâtre muet, lumière et costumes dans une écriture où le récit est incarné.
Sous la direction artistique de Julien Chavaz, Neverland propose une expérience poétique et dérangeante, où la musique raconte autant que les mots, allégorie sonore d’une lutte pour survivre, accepter la métamorphose et, peut-être, continuer à rêver.





